Avec mon amoureux, on a cette manie un peu masochiste de chercher toujours plus sauvage, plus reculé, plus « brut ». Vous savez, ces endroits où la carte postale s’arrête et où la vraie nature reprend ses droits. Mais à force de courir après les grands espaces, on a fini par comprendre une règle fondamentale du voyage : si le paysage est sauvage, ses habitants le sont aussi.
Et par « habitants », je ne parle pas des locaux accueillants, mais de cette petite armée de nuisibles qui semble avoir un radar à touristes.
La Laponie et le Danemark : le nord ne vous veut pas que du bien
En Laponie, on a appris à nos dépens que le moustique n’est pas un insecte, c’est un état d’esprit. Dans la toundra, ce n’est pas un moustique qui vous attaque, c’est une escadrille.
Plus bas, au Danemark, on s’imaginait des dunes paisibles et des plages infinies. Erreur. Dans les zones sablonneuses, il faut ouvrir l’œil : les vipères (notamment la péliade) adorent chauffer leur sang froid au soleil, souvent dissimulées juste à côté d’un chemin de randonnée. Ce n’est pas la bestiole qui veut vous agresser, c’est juste que votre pied a eu le malheur de se poser exactement là où elle faisait sa sieste.
L’Écosse, terre des Midges invisibles
Si vous n’avez jamais croisé de midges en Écosse, vous n’avez pas vécu l’aventure, vous avez fait du tourisme. Ces minuscules mouches piqueuses agissent en nuages opaques. Elles ne piquent pas, elles vous dévorent par micro-portions. Le pire ? La sensation est décalée de quelques secondes. Vous admirez la bruyère, tout va bien, puis soudain… le feu dans le cou…les midges !
La France : pas besoin d’aller loin pour se faire « piquer »
On se dit souvent que les dangers, c’est pour les contrées lointaines. Quelle blague. En France, dès qu’on s’éloigne des grandes villes, on entre en zone de guerre entomologique.
Le règne des tiques
Oubliez la Dordogne ou l’Aveyron, elles sont partout. Du Lot au Cantal, en passant par la Lozère ou même nos forêts humides plus au nord, la tique est la reine incontestée. Elle vous attend, tapi dans les hautes herbes, avec une patience infinie. C’est le seul « animal » qui gâche systématiquement la fin d’une journée parfaite en nous obligeant à faire une inspection de peau digne d’un examen médical.
Les taons, ces pilotes de chasse
Dans les petits bois de Suède ou nos campagnes françaises, le taon est une plaie. C’est une bestiole qui a un moteur d’avion et une agressivité de mercenaire. Quand ça vous touche, vous le sentez passer !
Et les autres surprises du « sauvage »
Pour compléter notre collection de cicatrices et de piqûres, n’oublions pas :
Les vipères noires
Le Sud de la Finlande : On pense lacs et calme, mais attention aux zones rocheuses. C’est le royaume de la vipère noire (la Vipera berus mélanique). Contrairement aux autres, elle est difficile à repérer car elle se fond parfaitement avec le sol sombre.
Les processionnaires du pin
En France, dans le sud et de plus en plus partout, elles transforment une balade en forêt en zone de danger cutané majeur, surtout pour ceux qui, comme nous, ont un chien ou sont simplement allergiques.
Les aoûtats
Ces terreurs microscopiques qui, en fin d’été dans les jardins ou les herbes sèches, vous transforment les jambes en champ de mines de démangeaisons pendant une semaine.
Alors, on arrête ?
Bien sûr que non. On continue de préparer nos sacs, d’embarquer nos sprays répulsifs ultra-puissants (ceux qui attaquent le vernis des montres, vous voyez de quoi je parle ?) et nos pinces à tiques. Parce que malgré les démangeaisons, les gonflements et la paranoïa devant chaque brin d’herbe qui bouge, le spectacle sauvage en vaut largement la chandelle.
Après tout, si la nature était inoffensive, tout le monde serait aventurier, non ?
Et vous, c’est quoi la rencontre avec la faune locale qui vous a fait dire « plus jamais » avant de finir par réserver un autre billet pour le même genre d’endroit ?

